Vous trouverez tout au long de notre blog ce que Maxime à vécu depuis plusieurs années, ainsi que des liens médiatiques et des vidéos où vous pourrez vous documenter sur nos actions passées, présentes et futures. Vous en apprendrez également davantage sur le moment où Maxime et moi avons dit : « Assez, c’est assez ! », ainsi que sur les raisons de mon dévouement inconditionnel à la cause de l’intimidation, pour laquelle malheureusement, encore trop de gens reste encore indifférents.
Voici donc « en gros » la séquence des évènements qui ont menés à ce blog ainsi qu’à la mise en place de nos marches contre l’intimidation partout au Québec.
Mon fils Maxime Collard a subi de l’intimidation et des railleries de la part d’autres jeunes et ce, depuis le primaire.
À cette époque, l’intimidation qu’il subissait allait de se faire arracher sa tuque à se faire déchirer son sac d’école en passant par une série d’insultes plus blessantes les unes que les autres, telles : « T’es gros », « Grosse tapette », « Tu pues », « Gros pas bon », etc. Vous ne serez pas étonnés que toutes ces attaques aient ébranlé sa confiance et son estime de lui-même, et que l’accumulation ait fini par installer une certaine rage en lui !
En tant que mère, je me devais, jour après jour, de lui remonter le moral et de tout faire pour recoller les morceaux de son estime de soi. Malheureusement, c’était à recommencer tous les jours, puisqu’il arrivait chaque fois en pleurant de l’école. Il me disait qu’il ne voulait plus y retourner; il me suppliait fréquemment et cela me désespérait.
Durant l’année scolaire 2010-2011, c’était rendu « pire que pire » comme on dit. Il se faisait poursuivre tout au long du trajet d’autobus en se faisant crier toutes sortes de mots. Il s’est fait coller de la guimauve sur son nouveau manteau, voler son argent pour son dîner au moment où il était en éducation physique, se faisait plaquer sur les casiers, lancer des roches, et j’en passe.
La journée qui a fait déborder le vase a été le 4 avril 2011. Ce jour là, Maxime était à bout, au point qu’il a écrit sur son Facebook qu’il en avait assez de souffrir et qu’il pensait sérieusement à se suicider pour en finir. Après une longue discussion avec moi lui expliquant que le suicide n’était sûrement pas la solution et qu’il n’était pas le seul à souffrir de cette situation, il a eût l’idée de créer une « escouade anti-intimidation». Malheureusement, il a été freiné dans son
initiative par la grande directrice de l’école (même si elle a affirmé le contraire devant les médias).
Un mercredi bien banal, peu de temps après notre passage à «Tout l’monde en parle », Maxime s’est fait lancer des roches. Ce midi là, il a voulu aller avertir la grande directrice, mais celle-ci était trop occupée, et ainsi de suite tous les jours suivants. Ce n’est que le mardi de la semaine suivante qu’elle m’a téléphoné pour me parler de cette situation. Elle n’avait toutefois pas encore rencontré mon fils à ce sujet. J’étais si triste pour lui ! Je comprenais son désespoir… intervenir 2 semaines plus tard, ça n’a pas une grande incidence sur la situation, qui peut avoir changé à nouveau entre temps !
Ma tristesse s’est transformée en frustration lorsque la directrice m’a dit qu’il n’y avait pourtant pas de roches à l’école (elle insinuait que mon fils fabulait ?!), alors que le stationnement en est rempli…Constater qu’elle ne prenait pas ça au sérieux, que toute la faute retombait sur mon fils (il aurait dû (encore) avertir un surveillant, bien sûr !) m’a choquée encore plus. J’ai dû lui rappeler qu’il le faisait déjà depuis plusieurs années, mais que rien (ou trop peu) n’était fait, qu’il avait tenté de l’avertir elle, la grande directrice, mais qu’apparemment, elle ne semblait pas très pressée d’agir, elle non plus.
Bon, je ne suis pas une grande pédagogue, mais j’ai assez de bon sens pour savoir que tout le personnel en milieu scolaire devrait, en principe, être à l’écoute des jeunes, sans exception. Que ce soit l’infirmière, les profs, la secrétaire, la direction et même le concierge ! Lorsqu’un enfant prend son courage à deux mains afin de briser le silence, ils se doivent de l’écouter et de les diriger aux bonnes personnes. Ces personnes devraient, logiquement, être compétentes pour répondre adéquatement à la situation de l’enfant et tout mettre en œuvre pour préserver son bien-être psychologique et physique.
Vous vous demandez sûrement ce qui a été fait pour que les jeunes intimidateurs soient sanctionnés et pour que l’envie d’intimider mon fils (ou tout autre enfant) leur passe ? La réponse est : rien du tout. J’ai contacté à plusieurs reprise la grande directrice, mais aucun effort n’a été fait de son côté. C’est donc MON FILS, la VICTIME, qui a dû se déplacer, en espérant qu’un nouveau milieu serait plus accueillant envers lui. Nous avons finalement choisi de partir du coin de Sorel-Tracy et de déménager toute la famille (nos trois enfants et nous-mêmes) à Boucherville, afin de leur offrir une meilleure qualité de vie.
La nouvelle école de Maxime est, heureusement, tout le contraire de la précédente. Il n’y a eu que 2 cas isolés d’intimidation envers lui, mais cela a été immédiatement pris au sérieux et réglé. Depuis, tout va bien pour Maxime. Je suis contente d’avoir choisi de partir, puisque sont estime en lui remonte autant que ses notes et que je le vois sourire à nouveau, heureux de se lever le matin pour aller apprendre, et non pour essayer de survivre.
Depuis l’été dernier, Maxime et moi avons fait plusieurs marches un peu partout au Québec pour sensibiliser les gens à ce fléau grandissant qu’est l’intimidation dans les écoles, atteignant des sommets inégalés grâce aux textos et aux réseaux sociaux sur Internet.
Nous constatons, dans nos discussions avec d’autres parents et différents intervenants, que plusieurs écoles ne sont pas préparées à faire face à cette problématique. Il existe encore trop d’endroits favorables aux agresseurs, et trop peu d’intervenants qualifiés sont disponibles pour aider les jeunes. Voilà pourquoi j’ai décidé de faire de la prévention dans les écoles. Je crois que les jeunes doivent réaliser les ravages que leurs actes font sur la vie des victimes de l’intimidation. Les victimes doivent aussi comprendre qu’il ne sert à rien de rester seules face à cela et qu’il vaut mieux briser le silence. Ils peuvent en parler à un adulte de confiance, ou encore à des organismes comme « Tel-Jeunes » et « S.O.S. Parents », qui sont disponibles en ligne ou au téléphone.
J’en profite donc pour vous inviter à signer notre pétition !
Passez le mot à tous vos amis et votre famille et invitez-les à venir signer eux aussi…parce que « Assez, c’est assez ! »
Au plaisir de vous voir lors d’une de nos marches!
Isabelle Marchand





